Tifin. Arts


La Révolution à la menthe, ça n'existe pas!

Les Tunisiens ont leur révolution de jasmin ;
Les insurgés Algériens sont réprimés à coups de gourdin
Les Egyptiens font des émeutes pour la liberté et le pain
Les Yéménites et les jordaniens se rebellent aussi, enfin
Les Libanais et les Syriens soutiennent le réveil des voisins
Le maboul Libyen trouve que toutes ces révoltes c’est malsain
Que la justice et la démocratie ce n’est que du baratin
Les Saoudiens  inquiets offrent l’asile aux tyrans assassins
Quant aux Marocains… Ils sirotent du thé à la menthe, dès le matin
Ils préparent leur festin, un méchoui de mouton au cumin,
Regardent avec prudence cette agitation, de pas très loin…
La révolution ? Pourquoi faire ? On verra ça demain !

202 Commentaires 30.1.11 18:54, Commenter

Consternation

Tsahal arrogant
assassine et broie
Rapaces hors la loi
dévorant leur proie...

Hamas haranguant
fulmine et aboie
Chacals aux abois,
de rage propageant l’effroi...

Chacun vociférant,
invoquant un suprême droit,
Tandis que la colombe de la paix
saigne sur la sombre Croix.

149 Commentaires 1.2.09 20:59, Commenter

Chanson de l'Exilé

Dans cette vallée hospitalière
Parsemée de rocs et d’oliviers
Sur les bords d’une tendre rivière
Mon doux village était dressé !
A l’ombre des montagnes fières
Nos humbles maisons en pisé
Dieu ! Elle était belle notre terre !
Nos champs de blé et mon vieux figuier !
Il y avait deux tours altières
Roses et belles comme des fiancées
Des paysans moissonnaient l’aire
Aux bras des gerbes toutes dorées !
Les femmes riaient dans la lumière
Et chantaient au soleil d’été
Des vieillards aux mines austères
Palabraient sous le caroubier
Il y avait une citerne en pierre
Où les jeunes gens se retrouvaient
Au gré des rires et des mystères
La langue du pays coulait
Sonore et pure comme l’eau claire
Des paroles qui chantent l’éternité !
Au loin on entendait un air
La plainte d’une flûte s’élevait
Un sentier chargé de poussière
Menait vers la colline sacrée
De loin on voyait le dôme centenaire
Le tombeau du Saint vénéré
Veillant au repos du cimetière
Inspirant aux vivants la paix
On y adressait des prières
Et Dieu souvent nous comblait !
Le temps a fui, comme la rivière
Mon beau village je l’avais quitté
On m’avait dit de fuir la misère
Loin de mon pays bien aimé !
Mon cœur s’est habillé d’hiver
Oh ! Ma jeunesse ensoleillée !
Je rêve encore et j’espère
Boire un seul rayon de gaîté !
Mes amis que j’aimais comme des frères
Un jour je les avais quittés
Chacun son parcours solitaire
La vie nous a tous séparés !
Il ne reste plus que le cimetière
Et la blanche citerne desséchée
Mon village est devenu désert
Le tombeau du Saint fut oublié...
Il n’ y avait plus rien à faire
On devait bien s’en aller
Car là- bas seules les pierres
Demeurent et ne partiront jamais !
Pour embrasser une vie amère
Nous sommes devenus des immigrés
Là-bas seules les racines pleurent
Et s’accrochent à la terre sacrée
Je rêve encore et j’espère
Revoir mon village bien aimé
J’embrasserai les maisons et la terre
J’enlacerai mon vieux figuier !
Je visiterai le cimetière
Et le sanctuaire du Saint vénéré

Oh ! Mon Dieu ! Exauce ma prière !
Ramène- moi là où je suis né !


145 Commentaires 20.1.09 17:41, Commenter

Impressions d'hiver

 Soleil d'hiver

Boire le Soleil sucré
Ruisselant
D’intenses éclats
A grandes goulées
Jusqu’à l’ivresse

Regard barbouillé
De lumière
Et chaudes caresses
Dilatent de joie
Mon corps d’hiver
Roidi.

Fondre d’hébétude
Luminescente
De baisers chauds
Impatience de lumière
A fleur de peau
Extase

Yeux clos
Comme une éponge
Se gorger de chaleur
Une marée de bonheur
Inonde mes sens
Ravis...

***


Solitude marine

beauté pure
Sa robe cyan,
flotte au vent
Indolente, sous l’azur
Elle cache ses mystères
Elle danse, légère
Dans son espace infini,
Habitée d’une vaste ferveur
Scintillante de splendeur
Frissonnante de colère
Une écume légère
Comme des soupirs de l’ennui
Dévoile sa langueur…

***

Fugue

Virevolte
Le vent
Virtuose
Il improvise
En sol mineur
Ses gammes folles

Sur l’eau
Etendue molle
Qui somnole
Indolente,
En rêve rose
Ou songe morose

Caresses dorées
Murmures mordorés
Du soleil
Déposées
Sur sa peau docile
Délicatement
Irisée.


Songe de Lune

La Lune
Epanouie
De beauté
Sur son lit
Sombre de nuit
Lascive,
bien en chair
Elle s’exhibe
Triomphale
De doux mystères
Sa robe d’opale
Constellée
D’un charme inouï
Dégouline
D’ineffables
... Rêveries.

***


 

 

139 Commentaires 15.1.09 09:22, Commenter

Vanité

Vanité, vanités!

Vanité, vanité, tout est vanité sur terre!
Depuis la nuit des temps, l'Homme souffre et désespère,
Contemplant, impuissant, le vaste univers...
Son existence n'est qu'un long et obscur mystère
Rien de ce qu'il érige ne dure et ne lui sert
A vaincre le Chaos vorace qui l'enserre !
Ni gloire, ni force qui dure, ni affaires prospères
Ne le libèrent de l'Ennui ni de sa misère!

Vanité, vanité, tout est vanité sur terre!
Prestige, honneurs, victoires, la mort vient tout défaire:
Où sont les Césars, les Pharaons de naguère?
Cléopatre, Hélène, belles, aimées et si fières
Leur splendeur n'a duré que le temps d'un éclair!
L'Homme erre dans la vie, pensif et solitaire
Sa conscience: une pesante couronne qui l'exaspère
Ni ange ni bête, ni être sublime ni vulgaire
Conçu dans le plaisir mais voué à la poussière
Tous ses beaux élans ne sont que brise passagère
Ambitions, désirs, espoirs, regrets ou colères
Son esprit est un perpétuel champ de guerre!
Ses bonheurs ne sont qu'illusions, répits éphémères
Car au bout du calvaire vient l'échéance amère.

Vanité, vanité, tout est vanité sur terre!
Tous les jours on est assaillis de vaines chimères
Tragiquement seuls, même au sein de nos frères
La vie nous sépare des êtres qui nous sont chers
On s'invente des Dieux puissants, dérisoires repères
Nos longues prières ne sont que vaporeuses bulles d'air
Ni l'art, ni la musique n'arrivent à nous distraire
Ni la Poésie, ni les plaisirs de la chair...

Vanité, vous dis- je, tout est néant sur terre!
Et sans l'Amour, l'existence serait un vrai Enfer...





Ultime Fantaisie

( Texte et dessin de Atanane, 2005, reédition 


143 Commentaires 14.1.09 16:15, Commenter

Renoncement

Aller au-delà du poème
Passer de l’autre côté des mots
Du verbe beau insipide
Traverser le mur des émotions
Déposer le joug des sentiments
Se dénuder de tout artifice,
Du voile du langage
Et neuf comme un matin limpide
Découvrir l’inaltérable lumière
L’inestimable gemme
Beauté impondérable du poème
Cachée là, au-dedans de soi.

***

Abandonner ses regrets
Délaisser ses rêves
Se dépouiller du désir
Des douleurs et du plaisir
Dans l’instant neuf
Ataraxie et vide
Taire le bruit insipide
Et dans l’immuable calme
Ouvrir le regard
Juste là, au-dedans de soi
Un sentiment d’existence vraie
Palper la robe transparente
De l’éternelle beauté.

130 Commentaires 13.1.09 22:28, Commenter

J'ai beau imaginer, Lennon...

J’ai beau imaginer, Lennon,
L’humanité vivant en paix
Plus de haine et plus de misère
Un monde où tous les hommes sont frères
J’ai beau imaginer, Lennon
Le paradis sur terre
Les religions unies par l’amour
Et l’enfer banni, pour toujours

Mais de là où tu es, Lennon
Tu vois que ça n’a pas changé
Tu vois que ça ne cesse d’empirer
Il y a toujours de la misère
Des enfants qui crèvent, par terre
Et partout des menaces de guerre
Ca sent le soufre et la colère
Les haines de religion prospèrent
Allah ou Jehovah désespèrent
Les mères qui pleurent les morts
Les martyres qui explosent leurs corps
Partout grandissent les cimetières
Les charniers et les folies meurtrières

J’ai beau imaginer, Lennon
Des rêves de fraternité et des fleurs
Des sourires et l’espoir dans les cœurs
Plus de différences entre les hommes
Plus d’inégalités ni de pogroms
Tous les peuples unis, en somme
Partageant la chanson du bonheur
Un monde où les enfants sont rois
Préservés du malheur et de la peur

Mais de là où tu es, Lennon
Entends- tu la fureur qui résonne
La folie de l’argent et du confort
La nature que l’on tue, l’odeur de la mort
L’égoïsme et l’avidité qui nous dévorent
Le règne du fric et la loi du plus fort
Dieu qui se ligue avec les assassins
Et Jésus devenu l’otage des crêtins
Partout fleurissent les canonnières
Les marchands d’armes font des affaires
La jalousie et l’orgueil pour bannière
La bêtise et la laideur sont à l'honneur
Entends- tu les pulsions meurtrières
Qui grandissent parmi les nations fières?

J’ai beau imaginer, Lennon,
Mais je n’ai plus confiance en personne
Les poètes ne sont que de gentils rêveurs
Quand j’entends Martin Luther, je pleure
Et je mène ma vie inquiète en solitaire
En me disant que je ne peux rien y faire
J’ai peur pour mes enfants et l’avenir
Semble lourd de menaces et promet le pire
L’avenir du monde semble compromis
Trop d’inégalités et de crimes commis
Pourtant jamais le rêve n’a été aussi près
Pourtant jamais les hommes n’ont été aussi prêts
Pour fonder un monde merveilleux et fraternel
Pour que le paradis sur terre soit réel…

***

 




123 Commentaires 11.1.09 11:10, Commenter


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